Choisir un dentifrice : ce qui compte vraiment sur l’étiquette

Devant le rayon, tout se ressemble et tout promet quelque chose. La bonne question n’est pourtant pas de savoir quelle marque choisir, mais ce qu’il y a dans le tube. Et l’essentiel tient en deux lignes de l’étiquette.

Le fluor, et surtout sa concentration

Le fluor est le seul ingrédient dont l’efficacité contre la carie soit solidement établie. Tout le reste est du confort, du goût ou du marketing.

Ce qui compte, c’est sa concentration, écrite sur le tube en ppm, parfois en petits caractères au dos. Pour un adulte, l’usage courant se situe autour de 1450 ppm. Il existe des dentifrices plus concentrés, réservés aux personnes à risque carieux élevé, qui relèvent d’une prescription et d’un suivi.

Chez l’enfant, la concentration comme la quantité déposée sur la brosse dépendent de l’âge. C’est le praticien qui suit l’enfant qui adapte les deux, parce que la dose totale avalée compte autant que la formule.

Les différents fluorures, ce qui les distingue

Plusieurs fluorures coexistent, et les marques en font un argument. Ils apportent tous du fluor : la différence porte sur les propriétés associées, pas sur une hiérarchie.

  • Le fluorure d’amines se répartit bien sur l’émail et y adhère. C’est celui qu’utilise la gamme Elmex.
  • Le fluorure stanneux ajoute une action sur la plaque et l’inflammation gingivale. C’est celui d’Oral-B Pro-Expert.
  • Le fluorure de sodium et le monofluorophosphate sont les plus répandus, et parfaitement efficaces sur la carie.

Les dentifrices pour dents sensibles

Ils agissent de deux façons. Certains contiennent du nitrate de potassium, qui calme la réponse du nerf : c’est le principe de la gamme Sensodyne. D’autres bouchent les minuscules canaux ouverts à la surface de la dentine, avec du fluorure stanneux ou de l’arginine.

Dans les deux cas, l’effet demande plusieurs semaines d’utilisation régulière. Et une précision qui compte : ces dentifrices soulagent un symptôme, ils n’en traitent pas la cause. Une sensibilité qui s’installe, qui augmente, ou qui se localise sur une seule dent mérite d’être examinée plutôt que masquée.

Quant aux dentifrices ciblant les gencives, comme Parodontax, ils accompagnent le brossage mais ne remplacent pas le détartrage ni la prise en charge d’une gingivite qui persiste.

Ce qui ne devrait pas guider votre choix

La promesse de blancheur. Un dentifrice n’agit que sur les colorations de surface, jamais sur la couleur propre de la dent. Certaines formules dites blanchissantes sont plus abrasives, ce que traduit l’indice RDA. À usage quotidien et sur le long terme, l’abrasion se paie sur l’émail et sur les collets.

Le goût et la mousse. Ils ne participent pas au nettoyage. C’est la brosse qui nettoie, pas le dentifrice.

La mention « sans fluor ». Elle retire du tube le seul ingrédient dont le bénéfice soit démontré. Ce choix se discute, mais il se fait en connaissance de cause.

En résumé

Regardez la concentration en ppm, choisissez le type de fluorure si vous avez un besoin précis, et laissez la marque de côté : deux tubes très différents en apparence contiennent souvent la même chose. Et si vous avez une sensibilité, un risque carieux élevé ou des gencives fragiles, c’est votre chirurgien-dentiste qui vous orientera vers la bonne formule.

Cet article est une information générale. Il ne remplace pas l’avis de votre chirurgien-dentiste ou de votre orthodontiste : pensez à consulter votre praticien.